Joseph S. Blatter s'est entretenu avec un panel de journalistes sud-africains en marge du tirage au sort préliminaire de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 le 25 novembre à Durban. Soucieux d'être transparent, le Président de la FIFA a abordé tous les sujets chauds, comme la sécurité en Afrique du Sud, la question des retards dans l'organisation ou l'administration du football africain en général. Extraits.
Sur le football en Afrique
C'est en février 1976 à Addis-Abeba que j'ai eu mon premier contact avec l'Afrique en tant que Directeur du Développement de la FIFA. En touchant le sol africain, j'ai réalisé ce qu'était le football sur ce Continent : bien plus qu'un jeu, c'est une activité pleine d'émotions, qui bouge les peuples.
Sur l'organisation de la Coupe du Monde en Afrique du Sud
De nombreuses associations africaines ont été candidates depuis longtemps pour organiser une Coupe du Monde de la FIFA. Mais elles ne pouvaient pas l'emporter face à la puissance européenne. Nous avons alors mis en place de système de rotation pour forcer un peu le destin. C'était une décision politique et sportive. Et maintenant nous y sommes. Ce tirage au sort préliminaire est l'ouverture de la fenêtre africaine sur le monde entier.
Sur les difficultés soulignées par les médias
Ce n'est pas facile d'organiser une Coupe du Monde, cela ne se fait pas en 24 heures ! C'est la compétition la plus en vue, la plus exposée, la plus demandée aussi. Nous avons par exemple déjà de nombreux pays intéressés à la candidature pour 2018... Certains disent depuis 2004 : "L'Afrique du Sud n'est pas capable d'organiser la Coupe du Monde". Cela ne va pas sans problèmes d'organiser cette épreuve, c'est vrai. Mais votre République n'a que 13 ans et le football doit y jouer un rôle d'intégration. Cette Coupe du Monde doit être un legs pour votre pays, votre continent.
Sur la sécurité, les transports et les billets
La question de la sécurité touche tous les pays du monde. Le football n'est pas épargné par la violence. Nous pouvons lutter contre cela sur le terrain et dans les tribunes, mais c'est tout. Les médias posent systématiquement la question de la sécurité, comme ils l'ont fait lorsque nous avons donné l'édition 2014 au Brésil. Mais nous pourrons dépasser ce problème. A dire vrai, les questions étaient les mêmes pour Allemagne 2006 et France 98. En fin de compte, en Allemagne tout s'est bien passé parce que les gens se sont bien comportés, ils étaient là pour faire la fête. Certes, les transports ne seront pas faciles à organiser, mais vous y parviendrez ; la question du prix des billets est désormais réglée avec une catégorie de prix adaptée au plus démunis. Je suis convaincu que ce sera une Coupe du Monde fantastique. Elle sera unique. De toutes façons on ne peut pas comparer une Coupe du Monde à une autre. Car c'est l'âme du pays qui fait le succès de l'épreuve.
Sur l'équipe nationale sud-africaine
L'équipe nationale doit se réveiller et ce dès la Coupe d'Afrique en janvier au Ghana. Les efforts entrepris seront alors visibles. Ensuite, il restera une année pour être prêts pour la Coupe des Confédérations et encore un an avant le grand moment. C'est court, mais souvenez vous de 2002 et 2006, les hôtes étaient moribonds et on sait ce qu'il s'est passé...
Sur l'administration du football en Afrique
Nous savons qu'il y a un déficit dans l'administration des Associations en Afrique, la Confédération africaine le sait également. C'est la raison pour laquelle nous avons lancé le programme Gagner en Afrique avec l'Afrique. Le budget de 70 millions de dollars a déjà permis de mettre en place des terrains artificiels un peu partout sur le Continent, et des cours de management en administration sont au programme, tout comme des moyens pour renforcer les championnats locaux. La CAF a 50 ans mais il y a encore beaucoup d'efforts à fournir pour être parfaitement organisés. Il y a eu par le passé trop d'interventionnisme des gouvernements dans les Fédérations, c'est un problème africain. S'améliorer dans ce domaine doit aussi faire partie du legs de 2010.
Sur son absence au match Orlando Pirates - Kaizer Chiefs
Je n'étais pas présent au match entre les Orlando Pirates et les Kaizer Chiefs d'abord parce que je considère que c'est le rôle des anciens joueurs qui sont au Comité Exécutif, en l'occurrence Franz Beckenbauer et Michel Platini. Ensuite parce que je devais participer à la répétition du Tirage au sort, tout simplement!
Sur le nombre d'équipes africaines en Coupe du Monde
Je ne sais pas si l'Afrique gardera ses six équipes pour les Coupes du Monde suivantes. A mon avis, tout dépendra des résultats en 2010 : si les formations africaines réussissent un gros coup il sera difficile à qui que ce soit de contester les six équipes. En tout état de cause, la décision ne sera pas prise avant fin 2010.
Sur le retard de Port Elizabeth et du Cap
Port Elizabeth et Le Cap sont un peu en retard sur le programme mais je sais qu'elles seront prêtes à l'heure dite, une solution sera trouvée rapidement pour avancer. Il reste tout de même 900 jours avant le coup d'envoi, c'est plus de temps qu'il n'en faut. Pour le moment, les voyants sont oranges, ils passeront vite au vert, j'ai confiance.
Article et photo sur fifa.com