Dans quelques jours, débuteront les matches des éliminatoires de la Can Angola 2010 et de la Coupe du Monde Afrique du sud 2010. C’est pour situer les Béninois, par rapport à la préparation des Ecureuils que le président de la Fédération béninoise de football, Moucharaf Anjorin a bien voulu se prêter à nos questions.
La Nation: Comment les Ecureuils du Bénin préparent-ils leur match contre les Palencas Négras de l’Angola?
Anjorin Moucharafou: Les Ecureuils sont pour la plupart, des footballeurs de métier à 90% et qui évoluent dans les différents championnats européens. Le dernier joueur de leur effectif a livré son dernier match en championnat le week-end écoulé. A partir de demain, tous seront donc à la disposition de l’encadrement technique. Ce genre de situation n’est pas seulement propre au Bénin, mais à la plupart des pays comme le Cameroun, le Nigeria, l’Angola, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Toutes les dispositions ont été prises afin que tous les joueurs aient leur lettre d’invitation et leur billet à temps, afin que le 28 mai prochain, nous puissions embarquer pour Luanda en toute confiance et en toute sérénité.
• Vous semblez affirmer une certaine confiance alors que ce n’est pas encore la mobilisation comme on l’aurait souhaité?
• De retour de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations Ghana 2008, il y avait comme un malaise. Ce n’était pas sur l’aire de jeu que le match se jouait, mais plutôt au niveau des dirigeants. Aujourd’hui, nous avons compris qu’il faut sonner la fin de la recréation et faire en sorte que ce soit le Bénin et son football qui s’en sortent gagnant. Je pense que ceux qui critiquent ne sont pas méchants. Ils le font parce qu’ils souhaitent que nous changions au niveau de nos pratiques et dans notre manière de gérer notre football. En tant que président, je sais tirer profit de ce qu’ils disent. Les grands enjeux étant appelés à démarrer, nous devons nous unir plutôt que de rester divisés, afin d’amorcer avec sérénité le cap de l’Angola et l’Afrique du Sud. Cette situation dans laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui est comparable à tout point de vue, à celle que nous avons déjà connue face aux Scorpions de Madagascar avec l’opération «Boudiath» que nous avons lancé le 7 novembre 2003. la présente compétition n’est pas comparable à celle de 2008, parce que si notre pays n’arrivait pas à s’en sortir au niveau de son groupe, c’est-à-dire que pendant trois ans, nous ne jouerons plus au football de haute compétition. Cela veut dire que pendant trois ans, notre jeunesse ne vivra pas et ne se contentera que de regarder les autres. Prenons donc en chacun de nous ce que nous avons de positif pour faire avancer notre football.
• L’Angola comme premier client, ce ne sera pas facile …
• Le Comité Exécutif prend au très sérieux ce match. C’est dommage que notre sélectionneur que nous avons engagé, il y a seulement trois ou quatre mois, soit déclaré incapable par rapport à son état sanitaire de continuer la tâche qu’il avait acceptée d’assumer. Ce qui fait que nous sommes subitement devenus orphelins en cours de route. Il nous revient de nous adapter à la situation. C’est à cela que nous sommes en train de nous atteler. Par rapport au recrutement de l’entraîneur, nous avons préféré procéder méthodiquement et avec beaucoup d’assurance pour ne plus tomber dans les mêmes erreurs comme ce fut le cas avec Fabisch. Tout entraîneur béninois ou étranger qui sera désormais recruté fera l’objet d’une visite et d’une contre visite médicale. Nous serons beaucoup plus professionnels. Une chose est sûre, le Bénin aura dans les tout prochains jours, un entraîneur, qu’il soit béninois ou étranger.
• Comment appréciez-vous la décision du ministre des Sports qui, provisoirement, a confié le rôle d’entraîneur des Ecureuils au directeur technique national?
• Je vous ai déjà dit que la fédération s’emploie pour que d’ici à là, les Ecureuils aient un entraîneur en bonne et due forme. Le plus important pour nous est que nous ne connaissons plus les situations d’antan, comme ce fut le cas chaque fois que nous avons eu à faire avec un entraîneur expatrié. Il faut savoir tirer leçon des expériences passées.
• Alors qu’est-ce qu’on attend pour commencer le travail, lorsqu’on sait que l’Angola c’est dans quelques jours?
• L’encadrement technique a déjà convoqué une liste de joueurs. Du point de vue administratif, il ne reste plus grand-chose à faire. Il a convoqué un certain nombre de joueurs. 22 ou 23 joueurs afin de pouvoir circonscrire rapidement le noyau qui va attaquer les Palencas Negras.
• Si ce n’est pas une indiscrétion, peut-on connaître l’effectif des entraîneurs qui se sont déjà manifestés dans le cadre de ce recrutement?
• Il y a 7 à 8 qui se sont manifestés. Mais à ces dossiers, nous souhaitons que l’on joigne ceux des entraîneurs qui y avaient postulé avant. Il s’agit de Jean-François Doumergue, Bernard Simondi et de Didier Nothaux. La fédération procédera méthodiquement au choix du prochain entraîneur. Seulement, je voudrais rassurer les uns et les autres qu’il n’y a pas péril en la demeure. Nous avons à jouer quatre matches au cours du mois de juin. D’abord contre l’Angola, le 31 mai à Louanda, ensuite contre l’Ouganda à Cotonou et enfin le Niger en aller et retour. Le plus important pour nous sera de prendre ne serait-ce que 9 points sur les 12 envisageables.
• Nous avons connu les opérations «Boudiath, Maranaja et Thybo. Cette fois-ci, il s’agit de quelle opération?
• Ce n’étaient que des messages reçus. Croyez-moi, je ne les avais pas imaginés. Jusque-là, je n’ai pas encore été inspiré par ces messages. Je n’ai reçu aucune révélation pour le moment. Toutefois, nous devrons prendre conscience que Dieu évite les lieux où il n’y pas l’union.
• Avec la levée de la suspension qui frappait le stade de l’Amitié par la Fifa, on peut dire que le Bénin est revenu de loin?
• On doit être fier du Comité exécutif de la Fbf. Le Bénin est présent aujourd’hui à la Caf et à la Fifa. Ces institutions peuvent désormais compter sur lui, en ce qui concerne la prise des grandes décisions. Après la décision de suspension de la Fifa, le gouvernement du Dr Boni Yayi a fait face à ses responsabilités, au moment où les membres de la fédération, chacun de son côté, a mis du sien par rapport à ses relations. Précisons qu’il n’y avait pas que le Bénin. Nous avons formé un lobby pour l’Afrique, de ne pas nous donner le bonheur par la main droite et le retirer par la main gauche. Le fait que cette coupe du monde soit celle de l’Afrique et non de l’Afrique du Sud seulement, il faudra que tous les pays du continent puissent s’y reconnaître à travers un certain de matches qu’ils seront appelés à jouer à domicile. Nous avons demandé son indulgence au regard des efforts consentis par nos gouvernements pour procéder aux différentes corrections suite aux insuffisances relevées sur nos stades mis en cause. Notre plaidoyer a été écouté par la Fifa. C’est tant mieux pour le Bénin, la Gambie, le Sénégal, la Sierra Leone, le Niger et la Rd Congo.