Fédération Béninoise de Football
Confédération Africaine de Football
FIFA
CAF/Togo: les Ministres des sports du CSSA informés

Le président de la Fédération Béninoise de Football, président du Groupe d’Action pour le Renouveau du Football en Afrique (GARF AFRIQUE), El Hadj Anjorin Moucharafou, désigné par le président de la Confédération Africaine de Football, le Dr Issa Hayatou pour le représenter à la 41ème session du Conseil Supérieur du Sport en Afrique tenue à Abuja du 13 au 14 mai 2010, dans le dossier du Togo, a fait du bon boulot. En un temps record, il a produit le rapport de sa mission au président de la CAF. Non seulement, il a su trouver les mots qu’il faut pour mettre tout le monde au même niveau d’information, mais il a été un bon défenseur de la cause de la CAF. Il faut dire qu’au lendemain de la polémique créer par les Togolais, le Président du GARF AFRIQUE avait pris son bâton de pèlerin pour expliquer à travers des conférences de presse, la vérité des faits. Car, on se rappelle que le Togo a toujours tiré le drap de son côté dans cette affaire. Finalement, les Togolais ont reconnu les faits lors de la médiation de la FIFA. Ce qui faisait de la mission d’Abuja, un cadre d’explication de la situation aux ministres des sports d’Afrique.
Lisez plutôt le compte rendu du rapport de mission. 




RAPPORT DE MISSION DE M. ANJORIN MOUCHARAFOU REPRESENTANT LE PRESIDENT DE LA CAF, LE Dr ISSA HAYATOU A LA 41EME SESSION ORDINAIRE DU COMITE EXECUTIF DU CONSEIL SUPERIEUR DU SPORT EN AFRIQUE (CSSA)

Abuja Nigeria, les 13 & 14 Mai 2010


L’an deux mil dix et le jeudi 13 mai, s’est tenue à l’hôtel Nicon Luxery d’Abuja au Nigeria, la 41ème session ordinaire du Comité Exécutif du Conseil Supérieur du Sport en Afrique.

Ont pris part à cette session très importante pour le développement du sport en Afrique, le président en exercice du Conseil Supérieur du Sport en Afrique (CSSA), Ministre des Sports et de la Jeunesse de la République du Congo, le Représentant de la Commission des Affaires Sociales de l’Union Africaine, les vices présidents du CSSA, Ministres des Sports de l’Angola, de l’Egypte, de Madagascar, et du Rwanda, les présidents de zone de développement du CSSA, Ministre des Sports de l’Algérie, de la Guinée Bissau, de la Côte d’Ivoire, du Congo, du Mali, de l’Ethiopie, du Swaziland et de l’Ile Maurice, le président de la Commission Nationale des Sports de la République Fédérale du Nigeria, le Secrétaire Général du CSSA, l’Association des Comités nationaux Olympiques d’Afrique, les présidents et vices présidents de l’Union des Confédérations Sportives d’Afrique, les présidents et vice présidents du Comité Exécutif du Conseil Supérieur du Sport en Afrique (CSSA), le Ministre togolais des sports et le Représentant du président de la Confédération Africaine de Football.

Plusieurs points ont été inscrits à l’ordre de jour de cette session ordinaire du CSSA dont celui relatif à la sanction du Togo par la Confédération Africaine de Football.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, le Général Jacques Yvon Ndolou, président en exercice du CSSA, a indiqué dans son message d’orientation des travaux de la session d’Abuja, qu’outre les points inscrits à l’ordre du jour à savoir entre autres le rapport de mise en œuvre des résolutions prises par la 40ème session à Sun City, le problème de financement des activités du CSSA et autres, figurait «un point sur les sanctions imposées au Togo par la Confédération Africaine de Football afin qu’il fasse l’objet d’un débat.»

Le président du CSSA a souligné lors de son intervention que suite à la décision de la CAF de suspendre le Togo, il a pris l’initiative au nom du Conseil Supérieur du Sport en Afrique, d’interpeller la CAF afin qu’elle puisse revoir sa décision compte tenu des circonstances qui ont émaillé le retrait du Togo de la CAN Angola 2010.

Au cours de son intervention, il s’est également réjouit de l’évolution du dossier qui va vers la levée de la sanction contre le Togo. C’est pourquoi avant l’ouverture des travaux sur le sujet, il a invité ses pairs à entériner cette situation et par la même occasion, remercier la CAF pour sa hauteur d’esprit face au problème.

En mettant un point d’honneur sur le respect des textes qui régissent nos associations, le Général Jacques Yvon Ndolou, a sollicité l’indulgence de la CAF pour qu’en de pareilles circonstances, «l’accent soit mis sur les prescriptions des mesures correctives que punitives.»

Cette exhortation a permis au président en exercice du CSSA de conclure la cérémonie d’ouverture et de permettre aux délégués de revenir après une pause bien méritée.

A la reprise, après la vérification des mandats des délégués, le Secrétaire Général du Conseil Supérieur du Sport en Afrique, M. Sonstone Y. Kashiba a fait savoir à l’assemblée que le quorum était atteint et que la session avait le pouvoir de délibérer en toute liberté.

Après les différentes interventions et les amendements des participants, l’ordre du jour de la 41ème session a été adopté à l’unanimité. Le nouvel ordre a donc placé le dossier du Togo au premier point afin de permettre au Ministre Togolais de se retirer après les débats.

Invité à prendre la parole, le Ministre Togolais des Sports a tenu à remercier tous les Ministres des Sports des pays d’Afrique qui ont apporté leur soutien au Togo lors des évènements de Cabinda et signifié que son pays avait été réconforté par la décision de l’Union Africaine sollicitant l’indulgence de la CAF à revenir sur sa décision de sanction contre le Togo.

Dans son rapport des faits, le ministre Togolais des Sports a indiqué que son pays avait effectué une mission le 12 décembre 2009 à Cabinda. Alors, les Togolais avaient reçu à travers le Comité local d’organisation de la CAN de rallier Cabinda par la route. Il a rappelé que la CAF avait rendu visite à la délégation du Togo après les tragiques évènements. «C’est devant nous que le président de la CAF a dit aux joueurs qu’ils pouvaient rentrés mais qu’aucune sanction ne serait prise contre eux. Mais trois jours après, les joueurs ont exprimé leur volonté de rentrer car ils ne dormaient plus, ne mangeaient plus. Et leur demander de jouer était impossible. Nous avons fait venir alors un psychologue qui a déclaré que les joueurs étaient en état de choc et ne pouvaient pas jouer. Nous avons demandé aux joueurs de réfléchir pour savoir s’ils allaient jouer ou pas. Mais ces derniers nous ont hués.

Ils nous ont fait savoir qu’ils devaient rentrer le même jour. Cela n’a pas été possible tout simplement parce qu’il fallait remplir les formalités pour le rapatriement des corps des victimes. Les démarches ont été faites et l’avion est revenu nous chercher le lendemain. C’est lorsque nous sommes arrivés à Luanda que nous appris par les médias que les joueurs avaient décidé de jouer et que le Chef de l’Etat s’y est opposé. J’ai alors appelé le Chef de l’Etat pour savoir si ce que j’entendais était vrai. Car on n’a jamais su jusqu’à ce jour ce qui a pu se passer cette nuit-là pour que cette information soit relayée par les médias entre autre par France 24.

Je peux dire ici que l’Etat a la responsabilité de protéger ses concitoyens. Les joueurs nous dit que quand ils entendent du bruit, qu’ils ont peur car les rebelles leur bien signifié que ce n’était pas fini. Le Chef de l’Etat a alors demandé aux joueurs de prendre une décision et que cette décision sera la sienne. Les joueurs ont décidé de rentrer. Alors le Chef de l’Etat a dit: s’il en est ainsi, je vous demande de rentrer. On a été surpris de la sanction de la CAF contre le Togo alors que nous étions au cimentière pour l’enterrement. Les gens se sont révoltés et la douleur a laissé la place à la colère. Il y a eu des soulèvements à Lomé qu’on pas su tout de suite maîtriser.

Ce qui nous a gêné le plus, c’est que nous n’avons pas reçu des mots de condoléances de la CAF. De plus, elle aurait pu nous écouter avant de prendre une telle décision. C’est lorsque les sanctions sont tombées que nous sommes allés au tribunal arbitral du Sport. Nous avons également saisi les ministres des sports de l’Union Africaine pour qu’enfin une solution pacifique soit trouvée.

Le président Blatter étant médiateur délégué du Tribunal Arbitral du Sport, le 7 mai 2010, nous avons pu trouver une porter de sortie et le président de la CAF a pris l’engagement de soumettre la levée de sanction contre le Togo à la prochaine réunion du Comité Exécutif de la CAF à travers la signature de l’acte final de médiation signé aussi bien par la partie togolaise, la CAF que par le président Sepp Joseph Blatter.»

Il a terminé ses propos en souhaitant que la CAF respecte son engagement.

Après cette intervention, le président du CSSA, le Général Jacques Yvon Ndolou a fait savoir à l’assistance qu’il est inutile de remuer le couteau dans la plaie. Il a remercié et félicité la CAF qui a fait beaucoup d’efforts pour aplanir sa position et de lever la sanction contre la jeunesse du Togo.

En prenant la parole, le Représentant du Président de la Confédération Africaine de Football, le président de la Fédération Béninoise de Football, El Hadj Anjorin Moucharafou, a tout d’abord présenté les excuses du Dr Hayatou (empêché pour fait de réunion au Caire) qui n’a pas pu se rendre à Abuja pour assister en personne à la 41ème session ordinaire du CSSA, une organisation pour laquelle il a beaucoup de respect.

«Le président m’a dit de vous dire que la paix est revenue car on ne se sait se battre dans la même famille. C’est le président qui a pris la décision de soumettre la levée de sanction contre le Togo à la prochaine réunion du Comité Exécutif de la CAF. Cependant, il est important que tout le monde soit mis au même degré d’information par rapport aux évènements de Cabinda. Nous sommes soumis à des règlements et la CAF n’a fait que respecter les règles que nous nous sommes fixées.

Nous sommes tenus de respecter nos textes afin de ne pas laisser filtrer des failles qui seront préjudiciables à la survie de l’institution. A titre d’exemple, le Bénin et l’Egypte et bien d’autres pays ont déjà subi les rigueurs des règlements de la CAF. On ne peut rien y faire. Le Bénin et l’Egypte ayant signé forfait pour la première édition du CHAN alors qu’ils étaient engagés, sont interdits de se présenter lors de la prochaine édition. Ce qui explique l’absence de ces deux pays lors de la prochaine édition du CHAN ».

Avant de continuer, il a fait distribuer dans la salle, le règlement de la CAN 2010, le fax de condoléances de la CAF au président du Togo et la motion de soutien du Comité exécutif de la CAF au président Hayatou à tous les participants.

Pour revenir aux faits, le Togo ne devrait pas voyager par la route. La CAF a pris toutes les dispositions pour tous les pays qualifiés pour la phase finale de la CAN en prenant en charge les frais d’avion des membres de la délégation officielle de leur pays d’origine au lieu de la compétition. Il a cet effet demandé aux délégués de jeter un coup d’œil sur les documents distribués à savoir le règlement de la compétition.

Il ne s’agit pas pour la CAF de revenir en arrière mais de regarder l’avenir. Je ne voudrais pas relater les faits mais je tiens à préciser ici que la CAF a bien compati à la douleur du peuple togolais en envoyant une lettre de condoléance au peuple togolais à travers le Chef de l’Etat. (Ici également, il a invité les délégués à lire le fax du président de la CAF adressé au Chef de l’Etat du Togo.) De plus, la CAF ne savait pas à quelle date l’enterrement devrait avoir lieu. La CAF a voulu envoyer une délégation au Togo pour compatir avec les familles des victimes, mais les Togolais ont opposé un refus catégorique coupant eux-mêmes de fait, le contact avec la famille du football de l’Afrique pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître.

Le président du CSSA a indiqué à la suite de cette intervention que les mots justes ont été trouvés par le représentant de la CAF. «Nous attendons la sagesse de la CAF. Cependant, je répète et j’insiste que nous avons le devoir de respecter les textes que se fixent nos institutions.» Pour finir, il a remercié la CAF d’avoir écouté le cri de pleur des enfants du Togo pour avoir pris la décision de réintégrer le Togo.

Le ministre des Sports de l’Egypte et premier vice président du CSSA, a lui aussi fait remarquer au cours de son intervention que le respect des textes par les Associations membres de nos institutions est une obligation. Il a fait savoir à l’assistance que le Président de la CAF est un homme de logique, un homme de principe et de dialogue qui par conséquent, a le droit de faire respecter les règlements qui gèrent les compétitions de l’institution. Il a dit enfin qu’il reste confiant en ce que la CAF va réintégrer le Togo.

Le Ministre angolais des sports et vice président du CSSA, a quant à lui, fait savoir que tout est claire maintenant. «Nous avons accueilli avec beaucoup de joie, la décision de la CAF de réintégrer le Togo. Il a rappelé tout ce que son gouvernement a fait pour apporter assistance aux victimes et aux blessés jusqu’à ce que le Togo ait décidé de rapatrier les deux joueurs blessés en France.»

Le deuxième vice président de l’ACNOA, le Sao-toméen a pris la parole pour signifier que le CSSA doit faire quelque chose. Il a fustigé la décision prise par la CAF en relevant qu’on ne peut pas prendre une décision contre le Togo et revenir parler de famille. «Tout le monde doit respecter les textes, c’est vrai mais je dis que la CAF n’a pas regarder le côté moral avant de prendre ses sanctions», a-t-il dit.

Après cette intervention, le président du CSSA a tout de suite pris la parole pour mettre fin à la polémique et rappeler aux uns et aux autres que beaucoup d’efforts ont été fournis pour qu’on revienne remuer le couteau dans la plaie.

A sa suite, le représentant du président de la CAF a quant à lui forcé et obtenu la parole pour réagir à cette accusation du deuxième vice président de l’ACNOA. Il a fait savoir que la décision de la CAF a été prise en toute responsabilité en tenant compte de tous les paramètres possibles y compris le côté moral. Par cette accusation, le Représentant de la CAF est rentré dans les détails. C’est ainsi qu’il a signifié à l’assistance que le Togo a envoyé à la CAF une liste de 23 joueurs ne comprenant pas les noms des deux victimes. «Je parle sous le contrôle du ministre togolais des Sports. Les gens qui sont morts ne figurent pas sur la liste officielle du Togo.

J’affirme et j’insiste que les Togolais ne devaient pas passer par la route et la CAF n’était pas informé de leur projet. Ils savaient qu’ils ont droit 30 billets aller-retour pour rallier la capitale Luanda. Et c’est de la capitale qu’on devait les convoyer à Cabinda. La CAF a pris une décision qu’elle est prête à recommencer si les cas similaires se reproduisaient. Car nous devons commencer par respecter nos règlements. Le reste du monde nous observe et nous jugera par nos complaisances. Les années 2009 et 2010 constituent un changement au niveau de la gestion du football africain pour avoir abrité la Coupe du Monde junior en Egypte gagné par le Ghana pour la première fois, la Coupe du Monde des cadets au Nigeria, la Coupe de la Confédération en Afrique du sud et la Coupe du Monde de la FIFA en Afrique du Sud en Juin 2010.

Autant de repères qui nous obligent à faire respecter notre institution, la CAF par ses membres. Le président Hayatou a promis convaincre ses pairs de la CAF parce qu’il est un bon père de famille. Le président Hayatou est un ami du Togo. C’est le seul pays où il dort dans un domicile lorsqu’il est en visite privé. La CAF n’a fait qu’appliquer les textes. Je prie le deuxième vice président de l’ACNOA de ne pas parler de ce qu’il ne sait pas.»

D’autres intervenants ont pris la parole pour fustiger les propos du deuxième vice président de l’ACNOA.

Le ministre des Sports du Togo a repris la parole pour marquer son étonnement. Il a dit que la CAF n’a jamais adressé des condoléances au peuple togolais. «J’ai été surpris de voir un tel document ici-même dans la salle», a-t-il fait savoir.

Les débats ont pris fin avec l’engagement ferme du Conseil Supérieur du Sport en Afrique d’écrire une résolution allant dans le sens de remercier la CAF pour sa sagesse après sa décision de lever la sanction contre le Togo.

Il faut signaler que la veille, le Représentant de la CAF a été reçu en audience par le Secrétaire Général du CSSA et le premier vice président de l’institution, le ministre Egyptien des Sports pour discuter et échanger sur la conduite à tenir.

Après les débats et les interventions, les ministres des Sports et représentants des institutions du CSSA ont mieux compris les contours de l’affaire du Togo.

Les deux versions anglais et français du règlement de la Coupe d’Afrique des nations ont été remises au Secrétaire Général du CSSA pour archives.

Tels sont Monsieur le président, le résumé des débats en ce qui concerne le point de l’affaire du Togo inscrit à l’ordre du jour de la 41ème session du CSSA.

  18/05/2010
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