Le président du Comité Exécutif de la Fédération Béninoise de Football, El Hadj Anjorin Moucharafou était ce dimanche 30 mai 2010 sur l’émission «Tout sur le football» de la télévision nationale. Pendant quatre vingt dix minutes, il a répondu à toutes les questions des trois journalistes qui ont animé l’émission, Jacques Okoumassou, Hugues Zinsou Zounnon de l’ORTB et François Mensah de Canal 3.
Les téléspectateurs et les amoureux du football attendaient cette émission annoncée depuis des jours avec beaucoup d’impatience. Les nombreux coups de fil sur cette émission inter active est l’illustration parfaite de son audience auprès des populations béninoises.
De l’avis de tous les téléspectateurs qui ont appelé en cours d’émission, le président de la Fédération Béninoise de Football a convaincu par les réponses qu’il a apportées aux préoccupations des journalistes sur la vie du football béninois. Les différents mots de félicitation et d’encouragement sont la preuve tangible que le premier responsable du football béninois maîtrise les différents dossiers et a séduit les téléspectateurs.
Au cours de l’émission, les journalistes ont abordé toutes les préoccupations liés au football béninois, de la participation des Ecureuils à la Coupe d’Afrique des nations Angola 2010 au championnat professionnel saison 2009-2010 en passant par l’organisation de la Coupe de l’indépendance, l’organisation du football féminin, le dossier de l’entraîneur national, les activités des ligues régionales de football amateur, les relations entre la ligue professionnelle et la fédération, la participation des équipes des catégories d’âge aux compétitions africaines et les projets Goal de la FIFA.
Le point du débat qui a le plus retenu l’attention des journalistes, c’est la question de l’équipe nationale par rapport au retour ou non des joueurs après la décision de dissolution de l’équipe.
Sur le sujet, le président Anjorin Moucharafou a indiqué clairement que les joueurs pourront revenir en équipe nationale s’ils sont jugés techniquement bons par le nouvel entraîneur. Pour ce qui est de la question de discipline au sein de l’équipe, il a laissé entendre qu’un cahier de charges a été élaboré et est en cours de finalisation. A ce sujet, les joueurs qui seront appelés en équipe nationale auront à signer la charte - ce document qui a été revu par rapport aux différents amendements. Ce document confère aussi bien des droits et des devoirs aux joueurs.-
Pour le président, il y a eu des problèmes lors de la participation du Bénin à la CAN 2010 et il fallait trouver des solutions. «Depuis dix ans, nous avons vécu les mêmes problèmes avec les joueurs. Pour nous, il fallait faire le break et tout réorganiser afin que les mêmes erreurs ne se reproduisent à l’avenir. Nous avons fait des progrès avec notre équipe nationale. Si nous voulons aller encore loin, il faut préparer le chemin pour y arriver», a dit le président Anjorin.
A ce sujet, les journalistes ont tiré la queue du diable. Ils ont insisté et voulu savoir lequel des propos il fallait prendre en considération: celui du président de la FBF ou celui de la ligue professionnelle qui a déclaré sur une chaîne de télévision le matin d’avant l’émission de l’ORTB qu’il aurait préféré le contraire dans le cadre de la participation du Bénin aux éliminatoires de la CAN Gabon-Guinée Equatoriale. Les journalistes ont voulu également savoir entre le président Anjorin et Adjavon lequel des deux hommes est le président de la fédération.
En répondant à cette préoccupation, le président Anjorin a tout d’abord dit que la collaboration entre la ligue et la fédération se passe à merveille. «Il n’y a aucun problème entre la ligue et la fédération. La ligue a reçu une délégation de pouvoir de la fédération. Cette délégation de pouvoir se passe bien», a-t-il dit félicitant du coup le président de la ligue professionnelle pour le travail qui se fait au sein cette structure depuis le lancement de l’aventure du championnat professionnel du Bénin.
«Demandez à n’importe quel enfant du Bénin, il vous dira le nom du président de la fédération. Est-ce que je vous ai dit que je me plaignais par rapport à ma collaboration avec mon frère Adjavon? Pourquoi vous vous plaignez à ma place? Ne faites pas pour que je vous taxe de créateurs de conflits», a-t-il ajouté en souriant.
Sur la question du retour ou non des joueurs de l’équipe dissoute au lendemain de la Coupe d’Afrique des nations, il n’y a plus l’ombre d’un doute. Les joueurs reviendront donc en équipe nationale si l’entraîneur les juge aptes. «J’ai appelé les joueurs et ils m’ont également appelé. Je suis leur père de famille. Quand un enfant commet une faute, il faut lui tirer les oreilles. Nous l’avons fait mais il faut savoir aussi pardonner», a laissé entendre le président Anjorin Moucharafou. Il a tout de même précisé que les deux décisions ont été prises par le Comité Exécutif de la FBF dont il est le président. Mais un téléspectateur en appelant a clairement signifié à l’assistance que la décision de dissolution de l’équipe était salutaire car une équipe nationale sans discipline, est une porte ouverte à tous les vices et dérives.
En ce qui concerne le championnat professionnel de ligue I dont la dernière journée se jouera ce week-end, le président tout en relevant qu’il existe des choses à améliorer, le championnat a été une réussite; en témoigne le simple faite qu’il n’a été enregistré aucun forfait. Les questions liées à l’arbitrage, à la violence sur les stades et à la qualité des infrastructures, a fait l’objet des préoccupations des journalistes.
En ce qui concerne le problème des arbitres, le président a indiqué en citant les présidents Sepp Joseph Blatter de la FIFA et le Dr Issa Hayatou de la CAF que les hommes en noir sont des hommes et ils peuvent se tromper. Il a également reconnu que des efforts ont été faits par ces derniers et que la situation s’est améliorée par rapport aux années antérieures. «Il faut attendre encore pour qu’on atteigne le niveau des championnats européens», a déclaré le président de la FBF.
Les projets Goal ont fait également l’objet des préoccupations des journalistes. Sur ce sujet, le président a fait savoir qu’avec le soutien du président Blatter, la FIFA lui a accordé un autre Goal qui servira à la réalisation de la clôture du centre de Missérété. D’autres aménagements vont être réalisés au profit du centre pour en faire un centre technique de référence pour le Bénin.
Pour finir, sur le dossier du recrutement de l’entraîneur, le président a indiqué que celui qui sera choisi est un brésilien. Mais il n’a rien à voir avec les noms qui circulent dans la presse. «Il reste encore des questions de détails à finaliser avec l’entraîneur. Dès que ce sera fait, le ministre des Sports en priorité sera informé et les journalistes par la suite», a-t-il insisté sans dévoiler de nom malgré la pression des journalistes.
Bruno Brutus DOSSOU