Le président de la Fédération Béninoise de Football, Anjorin Moucharafou a donné ce vendredi 23 juillet 2010, une conférence de presse pour apporter des explications sur la situation ayant conduit la démission de l’entraîneur Alain Gaspoz et la vision du Comité Exécutif de la Fédération Béninoise de Football quant aux catégories d’âge.
«Dans le programme d’action du Comité Exécutif que j’ai l’insigne honneur de présider, nous avons annoncé les réformes par rapport au football des jeunes. Nous voulons travailler avec les jeunes pour l’avenir pour gagner sur le long terme. Nous sommes devenus une nation de football. Le rang qu’on occupe aujourd’hui au plan mondial (61ème) et au plan africain (10ème), nous autorise à oser pour garder le cap. Lorsqu’on regarde notre équipe nationale senior, vous savez bien que tous les postes ne sont pas doublés. Nous n’avons pas la relève. Quelle stratégie mettre alors en place pour parer au plus pressé?», s’est interrogé le président Anjorin Moucharafou.
En faisant l’exercice de répondre à cette question, le président Anjorin Moucharafou a pris de nombreux exemples pour montrer le bien fondé de la nouvelle vision du Comité exécutif. «Nous devons passer par là pour emboîter le pas aux pays comme le Nigeria et surtout Ghana qui nous a fait honneur au dernier mondial en Afrique du Sud», a-t-il ajouté.
Le conférencier a surtout rappelé les conditions dans lesquelles le pays s’est qualifié pour la première fois à une phase finale de Coupe d’Afrique des nations. Il a à ce sujet, rendu hommage à René Taelman qu’il a qualifié de père de la réforme du football du Bénin. Si le Bénin a pu depuis 2004 se qualifier deux autres fois à une phase finale de Coupe d’Afrique, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin, car dit-il «mon comité exécutif voudrait encore mieux faire pour notre pays».
En citant les textes de la Coupe d’Afrique des Nations juniors, il a fait ressortir les sanctions qui frappent un pays lorsqu’il découvert en tant que tricheur. Il s’est justifié avec des exemples de pays ayant été des sanctionnés après avoir été mis à nu. Pour le président de la fédération, le respect des âges est un passage obligatoire. Il a expliqué d’autres raisons qui ont amené le Comité Exécutif à ne pas faire défection au dernier moment. Outre les différentes amendes, il faut ajouter l’exclusion du pays pendant plus de deux ans de participation avec le risque de voir les seniors refuser de compétition également. «Si on avait pris la décision de se retirer, on ne serait pas pris au sérieux par la CAF, car je me rappelle qu’on vit la même situation avec notre équipe nationale pour le Championnat d’Afrique des Nations. Nous ne pouvons plus continuer de s’engager et de se retirer au dernier moment», a-t-il soutenu.
Pour lui, le résultat du match importe peu. «Je n’attends aucun résultat d’Eustache d’Almeida l’entraîneur principal par intérim et des joueurs. Nous sommes en train de préparer l’avenir et dans trois ou quatre ans, nous allons apprécier. L’entraîneur n’est pas un magicien. En quatre jours, il ne peut pas mettre en place une équipe compétitive et aller jouer contre des gens qui se sont préparés en Europe depuis un an et attendre d’eux un résultat positif. Mais l’équipe a notre soutien indéfectible», a-t-il insisté.
La démission d’Alain Gaspoz
La réforme entamée par le Comité Exécutif de la Fédération Béninoise de Football continue de faire des vagues. Le Comité Exécutif a décidé d’aller en guerre depuis des mois contre les joueurs qui trichent sur leur âge. Au cours d’une réunion, le Comité Exécutif avait décidé de procéder à des contrôles médicaux sur tous les joueurs des catégories d’âge qui seront sélectionnés en équipe nationale. Ce principe a été respecté lors de la participation de l’équipe nationale cadette au mondial des minimes qui a eu lieu à Montaigu en France cette année.
Depuis cette date, les entraîneurs des juniors dont Alain Gaspoz avaient été informés. Au terme de la première phase de préparation des joueurs, l’entraîneur Alain Gaspoz a pris le soin de sélectionné, ce dernier a refusé de communiquer la liste à la Fédération Béninoise de Football. Il a été rappelé à l’ordre à plusieurs reprises, mais rien n’y fi. Il a soutenu que tant que sa situation contractuelle ne sera pas décantée au niveau du ministère des Sports, il ne remettra pas de liste de joueurs. C’est ce qu’il a fait jusqu’au lendemain de sa rencontre avec le ministre des Sports Modeste Kérékou et le président de la Fédération béninoise de football, Anjorin Moucharafou. Il remettra alors tardivement la liste des joueurs.
Le vendredi 17 juillet 2010, date retenue par le Comité Exécutif de la FBF pour procéder au test, Alain Gaspoz jette le tablier en voyant que la majorité de ses joueurs protégés ont reconnu eux-mêmes avoir plus de 23 ans. Après sa démission, les cinq joueurs restant quittent également le campement en signe de solidarité ou peut-être traqués par la peur de se faire découvrir.
Le 20 juillet 2010, le Comité Exécutif de la FBF se réuni en séance de travail extraordinaire pour prendre une décision par rapport à la démission de l’entraîneur principal.
Après avoir analysé profondément la situation, et compte tenu surtout du fait que le Bénin se place dans une position d’apprentissage par rapport à sa nouvelle vision, le Comité Exécutif a décidé que les Ecureuils juniors fassent leur apprentissage dans la compétition. Alors le président appelle l’entraîneur adjoint Eustache d’Almeida afin de recueillir son avis par rapport à la décision du Comité exécutif. Ce dernier accepte de faire l’aventure. C’est alors que commence la course contre la montre pour une nouvelle mission. Le Comité Exécutif décide que la majorité des joueurs viennent des centres de formation.
Cette décision a fait couler beaucoup d’eau et de salive. Il fallait alors sortir pour calmer les ardeurs et mettre tout le monde au même degré d’information. C’est ce que le président Anjorin Moucharafou a fait ce vendredi en compagnie de quelques membres du Comité exécutif dont Mme Violette Djidjoho, Victorien Attolou et D’Oliveira Félix.
Par cette décision, la Fédération Béninoise de Football s’est montré ferme et a décidé de conduire la réforme jusqu’au bout.
Bruno Brutus DOSSOU